Hommage à Roger Mathevey

Par Noël Caillère, président et professeur du club de Plouzané (29)

Roger,

Voici donc l’Aïkikaï de Plouzané orphelin.

Car tu en étais en quelque sorte le père. Après avoir pratiqué et enseigné l’aïkido de nombreuses années à Brest, avec l’aide de quelques amis tu as choisi de créer un club à Plouzané. Avec Jean-Yves et Robert Le Vourc’h tu constituais une belle équipe d’enseignants. Les premiers temps ont été un peu rustiques dans la baraque qui servait alors de dojo, mais l’enthousiasme était là et l’aventure s’est poursuivie. À la même époque tu as œuvré à la venue de Toshiro Suga à Brest, ce qui a contribué à enrichir encore l’enseignement à Plouzané à travers de nombreux échanges avec le club brestois.

Equipe enseignante de Plouzané autour de Maître Tamura,dans les années 1990. Roger Mathevey est en bas à droite.

Régulièrement tu incitais les pratiquants à participer aux stages qui se déroulaient dans le grand ouest, notamment lorsqu’ils étaient dirigés par Maître Tamura. C’est ainsi que, à de nombreuses reprises, nous partions tôt le samedi matin pour rentrer en fin de journée du dimanche, fatigués mais riches de ces belles expériences. Tu as même réussi à nous embarquer, avec Gilles Rannou et Bernard Guilpain, pour un stage d’une semaine à Bras au dojo de Maître Tamura.

A ce propos j’ai en mémoire cette anecdote. Dans le train qui nous emmenait dans le sud, un voyageur téméraire a décidé de prendre le contrôle du wagon où nous étions. Alors que tu te déplaçais dans le couloir, il s’est mis en travers pour t’empêcher de passer. Ton attitude et ton regard ont suffi à le convaincre que ce n’était pas là une bonne idée et il a libéré le passage.

Et puis il y a la section enfants pour laquelle tu t’es également beaucoup investi avec l’ami Philippe Crassous. Et là encore des stages à Lesneven, au Cloître Saint Thégonnec, à Quimper et ailleurs, des moments de détente, des initiations dans les écoles… Il y aurait tant à raconter.

Au milieu de tous ces souvenirs, je ne peux pas ne pas évoquer la mémoire d’Édith (1) et de Virginie (2) qui, chacune à sa façon, ont participé à cette aventure d’aïkido.

Tu n’as jamais cessé de te nourrir de tes nombreuses rencontres et notamment des enseignements de différents maîtres d’arts martiaux. Et ces connaissances tu ne les as pas gardées pour toi mais tu as voulu les partager à ton tour dans la bonne humeur et la convivialité, apportant ainsi ta contribution de générosité à notre monde.

Je voudrais dire à Carole et Raphaël (3) et à tes proches qu’au delà de la mort cet héritage survivra et qu’ainsi tu resteras présent. Et j’aimerais tant que cela puisse les aider.

Merci pour tout Roger.

 

(1) Edith : épouse de Roger    (2) Virginie : fille de Roger      (3) Carole et Raphaël : enfants de Roger